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Lisez les textes de cette colonne
Au fur et à mesure de l'évolution du Journal, nous avons tenté de l'introduire et de le présenter conformément à notre état d'esprit du moment. Ci-dessous, donc, ces différentes étapes qui ne se remplacent pas mais s'ajoutent les unes aux autres.

Table des catégories du blog
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Toutes

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Image attachée

Journal d'une exhibition
deuxième partie

La cohibition


Première soirée

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Image attachée

Journal d'une exhibition
première partie

L'exhibition


Avant l'exhibition
L'exhibition - premier chapitre
Épilogue du premier chapitre
Prolégomènes au deuxième chapitre
L'exhibition - deuxième chapitre
Épilogue du deuxième chapitre
Prolégomènes à un troisième chapitre
Troisième chapitre - Après l'exhibition

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Transversales

L'amour
Les regardants
Le blog
Le silence

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La deuxième partie
Ce blog existe depuis septembre 2006. Certains ont pu suivre la succession des différentes humeurs qui l'ont traversé. Pour les résumer rapidement, on peut dire qu'il y eut une première phase dominée par une certaine euphorie spéculaire. Né pour accompagner, prolonger et dépasser la publication d'images indécentes que nous avions commencée sur un certain site d'exhibition, il en vint à la supplanter. À la fin du premier chapitre de la première partie, cependant, ayant achevé de raconter ce parcours, nous nous trouvâmes un peu… dépourvus. Désireux de poursuivre, nous sentions pourtant que quelque chose résistait, aussi bien sur le terrain des images produites que sur celui de leur publication et de leur inscription dans un discours. Des péripéties personnelles vinrent opportunément, si on peut dire, suspendre notre présence sur Internet. Quand nous la reprîmes, quelques mois plus tard, une certaine régénération intime avait opéré, qui nous permit un deuxième chapitre assez serein. Tellement serein qu'il nous vint d'imaginer de poursuivre le blog sous une autre forme, peut-être plus construite, comme celle d'un site. Revint cependant, avant que nous ayons pu donner corps à cette autre forme, le sentiment de buter sur une triple limite, limite des images (cette limite-là – il faudrait en parler longuement et nous avons parfois essayé de l'évoquer – est d'ordre esthétique sans l'être, elle consiste dans le rapport que nous avons avec les images que nous publions), limite de la pratique internautique (qui consiste en un dialogue perpétué in absentia, c'est-à-dire dans la répétition par transfert – mais transfert sur qui ? – d'un impossible), limite de la dimension sexuelle de cette forme d'exhibition. Ces trois limites ressortissent à deux grands paradigmes : le temps et l'autre (pardon à Lévinas, qui n'a sans doute pas mérité d'être cité ici, et pardon de ne pas développer). Parallèlement à l'épreuve de ces limites, nous recevions les images de Stock, et s'imposa ce que nous pressentions : l'exhibition n'est pas celle des exhibants, mais celle de l'œil qui les regarde. Que cet œil soit soudain au-dehors de nous, que nous apparaissions ensemble sur des images où quelque chose se donne à voir – quelque chose qui est au principe, si l'on ose dire, de « Laurier » – et voilà qui paraissait clore notre projet, du moins celui de l'exhibition en tant que telle, comme si elle n'avait eu d'autre but que faire advenir à nos propres yeux ce que n'importe quel autre que nous peut voir. Cette forme d'aboutissement conjuguée avec l'épreuve sans cesse renouvelée des limites déjà évoquées nous a conduits à prévoir de mettre un terme définitif au Journal d'une exhibition, considérant du reste que l'exhibition telle que nous avions tenté de la définir tout au long du blog était désormais terminée. Dans une large mesure, cela reste vrai. Et pourtant, nous poursuivons – en tentant de définir un nouveau projet, qui appartient au Journal de l'exhibition, tout en venant après lui, et après, donc, le troisième chapitre, celui-là même que nous avions intitulé « Après l'exhibition ». Dans ce nouveau projet, il s'agira donc d'une exhibition d'après que l'exhibition est finie. En quoi consistera-t-elle ? D'abord, elle prendra acte de ce que les mobiles sont aussi souterrains et obscurs que les limites, qu'ils ne les contredisent pas, peut-être même qu'ils coïncident avec elles. Ensuite, elle intègrera la présence des tiers, elle s'appuiera sur cette présence, elle en fera même son motif, étant une sorte de diffraction, de redistribution de la relation narcissique que nous entretenons avec nos images. Enfin, peut-être et par là même, elle tentera de rapatrier le sexuel dans son périmètre. Nous prévoyons, pour le moment, de la déployer en « soirées », parce que, ce dont il s'agit, c'est une « scène », toujours recommencée…

brouillon, juin 2008

Le troisième chapitre
Le troisième chapitre est un non-chapitre. Il ne correspond à rien de ce que nous avons essayé d'énoncer à son propos dans Épilogue du deuxième chapitre et dans Prolégomènes à un troisième chapitre. Il s'intitule Après l'exhibition pour des raisons qui sont ici exposées un peu plus en détail. Il pourrait tout aussi bien appartenir à la catégorie Le silence. Il sera du reste probablement peu bavard.
10 février 2008

L'épilogue du deuxième chapitre
Cet épilogue devrait constituer la fin du blog, le troisième chapitre ayant à nos yeux vocation à se développer ailleurs. Épiloguer nous sert d'une part à évoquer ou à esquisser, de loin en loin et pour nous-mêmes, les directions que pourra prendre par la suite l'exhibition, d'autre part à dresser sans rigueur une sorte de bilan de ce que nous avons tenté ici, tout au long des deux premiers chapitres et de leurs à-côtés.
Dans les différents textes de cette colonne, vous trouverez les termes dans lesquels nous avons successivement présenté le blog et notre projet. Certains de ces termes sont devenus caducs au fil du temps, d'autres nous paraissent éclairer encore aujourd'hui notre état d'esprit et nos souhaits.
Il se peut aussi que, même si nous parvenons à mettre sur pied le site auquel nous rêvassons actuellement, le blog se poursuive quand même, sous une forme qui reste à déterminer, pour en donner une sorte d'écho extérieur (mais cela n'est pas sûr, d'abord parce que c'est, pour autant que nous ayons su en comprendre l'esprit, contraire à la charte de Voissa, ensuite parce qu'il se peut que nous n'ayons ni le temps ni l'envie, à terme, de poursuivre conjointement les deux entreprises). Ces quelques lignes pour dire, donc, les questionnements où nous sommes en ce moment, et aussi pour expliquer le désordre, l'incertitude et la dimension parfois un peu indirecte de l'exhibition présentée dans cet épilogue.
Nous sommes intéressés par toutes les remarques, suggestions ou réflexions ayant un rapport avec l'ensemble des propos ou des images que nous présentons ou avons présentés ici.
Vous disposez pour cela des commentaires, évidemment, et vous pouvez également nous écrire à cette adresse.

29 octobre 2007
modifié le 19 novembre

L'exhibition - deuxième chapitre
Ce blog a connu une première période, un premier projet (que vous trouverez explicité et commenté dans les textes ci-dessous tels qu'ils se présentaient à l'origine), puis il y eut, à l'aube d'un deuxième chapitre alors hypothétique, une interruption de plusieurs mois (entre les billets du 18 janvier et du 19 août 2007), pendant laquelle le blog n'était plus accessible. Nous ne dirons rien des causes de cette interruption mais, ce que nous pouvons dire, c'est que nous avons repris le cours du blog plus et moins sérieux que jamais, plus fermes, plus joyeux peut-être aussi, et avec l'intention de mener l'exhibition vers des rivages apaisés (demi-paix qui se puise au-dedans et qui tout autant l'alimente). Nous n'avons, pour ce deuxième chapitre, d'autre projet que de nous faire, dans la mesure de nos moyens, les diaristes d'une île intermittente tranchée sur l'eau des jours.
L'île des moments clairs.
Il va de soi que nous n'en perdrons pas pour autant notre goût du cabotage sceptique, des circonvolutions faraudes et des rêveries en peau d'oignon.

20 août 2007

L'exhibition - premier chapitre
Le blog est d'abord né en marge de la publication de nos images sur l'un des sites amateurs les plus fréquentés. Ce n'est sans doute pas tout à fait par hasard que son développement a coïncidé avec notre décision de cesser nos contributions au site en question (voir ce billet). Le blog se poursuivra désormais, mais il prend une tournure différente : il ne s'agit plus de rendre compte de l'exhibition, mais de la continuer. La forme même du blog modifiera sans doute la démarche de l'exhibition. En effet, sur le site, les images se présentaient seules ou presque, muettes, et ce mutisme était assurément un refuge de la pudeur. La pudeur se déplace donc, puisque assurément nous sommes ici infiniment plus bavards (on nous le reproche). Où la pudeur se cache-t-elle désormais ?

La petite introduction qui précède date du début du mois de décembre 2006. Avant qu'elle soit ajoutée, le projet premier du blog était introduit par les textes suivants, rédigés en septembre 2006 :


Le journal

Un blog anachronique, un journal au passé, une érotique de l'après-coup.
Il s'agit pour nous de rendre compte avec retard des effets d'une autre démarche.
Depuis le mois de février 2006, nous publions des contributions sur un célèbre site d'exhibition (ici, notre contribution la plus récente [ajout du 26 novembre 2006 : qui restera la dernière, pour les raisons exposées ]).
Sur ce blog, nous nous proposons de constituer l'histoire de cette démarche, de la réécrire en écho assourdi.
Nous republierons les « meilleures » images extraites de nos séries, mais aussi certaines qui, pour différentes raisons, n'ont pas été publiées, et nous rendrons compte également de certains des échanges suscités par nos publications. Une façon de rêver dessus, de leur donner un prolongement poétique ou spéculatif, de faire consister le fil de nos jours en un album d'indécence réfléchie. Nous allons reprendre les choses du début, bien certains de ne jamais rattraper le temps perdu, de ne jamais redevenir nos propres contemporains.
Ce blog est du reste une sorte de brouillon. Le brouillon d'un autre projet, peut-être illusoire, qui, sous une forme plus pérenne (album ou autre), ferait de tout cela une véritable narration.
Encore un détail : nous aurions aimé que le blog puisse être inversé, car tel que nous l'envisageons il gagnerait à être lu dans l'ordre. Or, cette fonction n'existe apparemment pas sur Voissa. Ce n'est sans doute pas si grave, mais nous aimerions, le jour où vous le découvrirez, s'il retient votre attention, que vous vous vous donniez la peine de le reprendre par sa source. Il n'est nullement en effet ici question d'actualité (c'est reposant).



Qui parle là ?

Laurier, c'est un couple. C'est le pseudonyme sous lequel nous avons choisi de publier nos photos. Nos photos, parce que, bien sûr, même si c'est surtout elle qu'on y voit, elle qui se montre, il va de soi que l'exhibition est assumée, voire revendiquée par nous deux. Certes, nous avons l'un et l'autre un rapport différent à cette démarche. Elle se montre, et lui la montre. À moins que ce ne soit tout à fait autre chose qui soit montré : c'est aussi pour élucider ce point que nous avons créé ce blog. À la fois pour prolonger la démarche, la redoubler, en augmenter l'audience même peut-être (quoique le ton adopté ici, nous en sommes certains, soit plutôt de nature à rebuter certains de nos regardants, mais tant mieux, allez, cela nous aidera à effectuer un certain tri), mais aussi et surtout en comprendre la nature propre.
Depuis le début de l'exhibition, une ambiguïté s'est installée pour les regardants. Beaucoup s'obstinent à l'appeler, elle, Laurier. Parfois cela nous agace (lui, surtout), parfois nous n'y prêtons pas attention. En réalité, on peut peut-être risquer ceci : c'est l'exhibition elle-même qui s'appelle Laurier.
Mais, ici, sur ce blog, qui parle ? Il serait difficile de le développer véritablement ensemble, à la fois pour des raisons d'emploi du temps (nous ne pouvons pas le faire avancer seulement dans les moments que nous partageons, et qui sont, parce que la vie le veut, très insuffisants), et aussi pour des raisons de cohérence. C'est pourquoi nous avons décidé le protocole suivant : les billets, le choix des photos, la rédaction du blog lui-même, c'est lui qui l'assume. Elle intervient aussi, mais seulement par le moyen des commentaires. Ainsi, un degré de plus est donné à la réflexivité : elle se montre, il la montre, il raconte cette monstration, elle revient sur ce qu'il raconte.
Concrètement, la signature Laurier dans les billets le désigne, lui (lui : X.), la même signature Laurier dans les commentaires la désigne, elle (elle : D.).



De l'usage de ce blog

Tous les commentaires sont les bienvenus. L'idéal serait néanmoins qu'ils s'efforcent de tenir compte de l'esprit de ce blog, qui ne constitue pas l'exhibition en elle-même, même s'il la contient et la prolonge sur un plan un peu différent, mais qui se veut un regard sur elle. Vous pouvez par ailleurs nous écrire à cette adresse, qui est celle où renvoient les pages du site sur lequel se poursuit l'exhibition proprement dite (nous préférons de très loin les mails aux MP). Nous aimerions donc qu'ici, vous écriviez plutôt pour participer de là où vous êtes au projet propre du blog.
Quant aux « notes », nous les désactiverions si c'était possible.


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entry 20/07/08 à 13h06
Et, comme dit le proverbe antique…

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entry 16/07/08 à 15h18
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M. a une bite énorme, ainsi qu'on le devine
sur telle photo de ce billet.
La petite chienne s'y offre totalement.



 | Catégorie: L'amour
entry 12/07/08 à 22h56
Si l'on rapporte cette image aux précédentes, on voit, n'est-ce pas ?, apparaître l'ectoplasme du hasard. Rien, vraiment rien, ne peut justifier que D. n'appartienne à un autre couple que le nôtre. C'est cela aussi, la cohibition : visualiser les autres mondes possibles, ceux notamment, les plus nombreux, où on ne sait rien l'un de l'autre. Si, sur les photos de Stock, nous pouvions croire avoir vu le phénomène propre de notre conjugaison, quelque chose d'irréfragable qui nous imposait l'un à l'autre, on voit ici qu'il n'en était rien et que tout appariement est crédible tout autant. La condition de l'amour, c'est comme on sait qu'il soit si peu vraisemblable, sa qualité qu'il soit tellement invisible. Banalités d'un soir d'été pour dire que le temps passe à une vitesse folle et que, sur cette autoroute qui nous emmène qui sait où, « c'est miracle que d'être ensemble » (Aragon, bien sûr)…

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Ce billet est dédié à VVV.

entry 12/07/08 à 16h27
Ces images sont les dernières que nous ayons de Stock, prises l'après-midi du 3 novembre dernier. Nous avons abondamment tenté de dire ce que ces images ont représenté pour nous. Ce que nous serions en revanche incapables de dire, c'est si réellement elles ont clos quelque chose et s'il y a ou non une solution de continuité entre les deux parties du Journal… Du reste, bien que la deuxième partie soit commencée depuis quelque temps, ce troisième chapitre de la première partie, cet interminable épilogue continuera, avec d'autres images, de hanter de loin en loin les pages du blog, comme pour en appeler obstinément à l'introuvable synchronie de l'existence...

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d'après une image brute de Stock

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d'après une image brute de Stock

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d'après une image brute de Stock

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d'après une image brute de Stock

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d'après une image brute de Stock


Rappel : Après-midi chez monsieur Stock 40


entry 09/07/08 à 12h35
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Récit en marge

Rappel : Anamnèse 1

Le temps passa. En mai 2005, à l'initiative de D., qui avait imaginé cela comme une « surprise* », nous nous rendîmes au Beverley, qui est comme on sait le dernier cinéma pornographique « à l'ancienne » que l'on trouve à Paris. Ce cinéma, désormais pratiquement patrimonial, réserve aux couples certaines de ses projections (celles, à l'époque du moins, des jeudis et samedis à 23 h 00). Après avoir dîné dans un restaurant italien sur le boulevard, nous arrivâmes un peu avant l'heure du film. Il y avait là trois couples, dont deux, nous pouvons le dire, ne nous inspiraient guère. Le troisième, sans nous plaire tout à fait, était plus proche de nos goûts. Mais la soirée commença pour eux par une dispute. Elle avait, semble-t-il, voulu partir, lui l'avait rattrapée près des toilettes, dans un coin de la salle, et nous entendions des éclats de voix sans comprendre ce qui se disait. Puis ils revinrent, elle à moitié en larmes, lui un peu gêné mais concentré sur ce pour quoi il était venu...

Le film commença, et immédiatement une des femmes commença à se défaire – spectacle quasi fellinien –, et les hommes des deux autres couples, y compris donc celui qui venait d'avoir avec sa propre femme cette scène mystérieuse, plongèrent leurs mains, qui vers ses seins, qui vers sa chatte... Son mari, dont l'âge peut-être ne lui permettait plus rien d'autre, se tenait un peu en retrait, encourageant le tout...

Nous, de notre côté, nous étions un peu excités pas la situation générale et, tout en nous concentrant l'un sur l'autre, nous lancions des coups d'œil aux yeux encore humides de l'épouse réfractaire... Elle y répondit progressivement de façon plutôt bienveillante, tout en se mettant à branler avec détachement son mari qui ne la regardait pas. Après quelques instants, D. vint s'asseoir à côté d'elle, et elle l'accueillit sans réticence.

Le film projeté était une improbable production italienne des années 70, à laquelle plus personne n'accordait la moindre attention. Voyant que sa femme avait trouvé de quoi s'occuper, le mari se consacra entièrement à l'autre femme (la troisième était plus loin de nous, et nous ne voyions pas trop ce qui la concernait, si ce n'est que son mari était surtout avec l'autre groupe).

X. rejoignit D. et la femme. À partir de là les souvenirs sont un peu flous. Il n'y eut que des échanges de caresses et de baisers, des mains passant d'un sexe à l'autre, il y eut jouissance de la dame et murmures reconnaissants. Dans le même temps, il y eut aussi de multiples tentatives des autres hommes présents en direction de D., qu'elle repoussait comme elle pouvait car ils étaient déplaisants et brutaux.

Quand la lumière se ralluma, le film terminé, nous étions enfin tous les deux, tandis que tout le monde se rhabillait. On ne s'intéressait pas à nous, qui terminions de faire l'amour dans l'indifférence générale – ce que X. trouvait très excitant...

Puis nous sortîmes à notre tour, après avoir pris congé furtivement mais tendrement de notre partenaire d'un moment. L'expérience avait été mitigée.

Pendant de longs quarts d'heure, ensuite, nous parlâmes au Delaville de ce qui venait de se passer...


* Dans le couple « libertin », c'est une question qui n'est, croyons-nous, jamais totalement absente, que celle de savoir lequel « offre » quelque chose à l'autre – les rôles peuvent s'alterner, bien sûr, même si nous avons pu constater que rares ne sont pas les couples où la démarche est clairement et constamment orientée. Sans entrer dans une dissertation sur le sujet, nous sommes tentés de dire que les cas de figure sont multiples et variés, mais surtout qu'il arrive aussi – c'est peut-être la situation idéale – que l'offrande soit réciproque, mais qu'elle ne porte pas de part et d'autre sur le même objet. Cette dissymétrie est sans doute identique à la dissymétrie essentielle du sexuel. L'homme et la femme qui se font l'amour ne se donnent jamais l'un à l'autre la même chose.

À suivre...

entry 07/07/08 à 17h37
Les corps comme des sédiments, strates vivantes et palpitantes composant le manteau d'une planète imaginée...

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entry 07/07/08 à 08h55
Montrer des images de la cohibition, c'est évidemment montrer d'autres que soi. C'est s'exhiber par les autres, et publier des images où nous ne figurons parfois ni l'un ni l'autre, ou bien de façon secondaire. Il va de soi que nous soumettons cette publication à l'autorisation des personnes qu'on y voit. Que représente pour nous cette autorisation ? À quoi nous autorise-t-elle ? En quoi fait-elle de nous les « auteurs » des motifs représentés ? Quelle est la part d'eux que nous faisons nôtre en en devenant les éditeurs (au sens français comme au sens anglo-saxon du mot) ? L'hommage que nous leur rendons n'est-il pas aussi une sorte d'« outing », de délation ? Quel genre de témoins sommes-nous donc ?

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entry 06/07/08 à 13h31
Le photographe bande au premier plan (proverbe antique)…

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Récit en marge

Dans la première partie du
Journal, nous avons raconté l'exhibition sur Internet, d'abord sur le site, puis ici même. Dans cette deuxième partie, où il n'est plus question d'exhibition qu'implicitement – dans le fait même que des images sont publiées et regardées –, nous pourrions raconter ce dont il est question explicitement, à savoir le « libertinage », que nous avons appelé ici « cohibition ». Cohibition pour le sens que nous avons donné à ce mot, et donc aussi pour ce qui y demeure d'exhibition, c'est-à-dire de duplicité. En effet, de même que l'exhibition – nous l'avons abondamment abordée sous cet angle tout au long du Journal – est toujours, et sans doute d'abord, un mensonge, une dissimulation, de même le « libertinage », quelles que soient la bonne foi, la bonne humeur et la sincérité avec lesquelles on le pratique ou le raisonne, est toujours, et peut-être d'abord, une entourloupe. Entourloupe érotique et entourloupe relationnelle, entourloupe faite à soi-même aussi bien qu'aux autres. Ce qui rachète l'entourloupe, c'est qu'elle est réciproque, que personne n'en est ni victime ni coupable. En un mot, que personne ne se fait baiser, ce qui dit bien les choses.

La toute première incursion que nous fîmes sur le terrain du sexe pluriel fut une simple exhibition dans une petite salle de projection de films pornographiques, à Pigalle. Dans les méandres de l'été 2004, encore tout frais rencontrés, alors que nous ne vivions même pas encore ensemble – ou plutôt que nous n'avions encore nulle part où vivre ensemble, nomades d'appartements prêtés en chambres d'hôtel –, dans un Paris chaleureux mais tumultueux, nous cherchions, comme on cherche en forêt des champignons sans être capable de départir ceux qui sont comestibles de ceux qui vous empoisonneront, les premières fleurs de la transgression. La seule chose que nous savions, et qui ne peut se démentir, c'est que la transgression, comme l'enfer de Sartre, c'est les autres. Ce soir-là, les autres se résumaient à deux clochards qui, pour dix euros pouvant passer ainsi la nuit à couvert, ronflaient puissamment sous l'écran sans que les ahanements du film ne nourrissent autre chose que, peut-être, leurs rêves, et à deux (trois ?) hommes se tripotant distraitement. Notre entrée dans la petite salle ne dérangea pas les clochards et fut pour les autres un motif de se distraire de la distraction. D. ne savait pas très bien si elle préférait partir ou rester. X., incapable de l'aider à savoir, lui proposait tantôt l'un tantôt l'autre, c'est-à-dire de rester. Nous finîmes évidemment par nous détendre un peu, et par nous branler nous aussi, mutuellement. Lorsqu'elle se pencha sur lui pour prendre son sexe en bouche, l'homme qui était derrière nous se pencha un peu pour mieux voir, non sans en avoir d'un coup d'œil demandé l'autorisation. Un autre, assis dans une autre rangée, se leva, s'approcha et tendit sa queue bandée en direction de D., réclamant une part de sa bouche. Il faut dire les choses comme elles sont, il était laid. Gros et moite en effet, il n'excluait cependant pas de son excitation une certaine douceur, une certaine timidité. X. demanda à D. si elle voulait le sucer, ce à quoi elle répondit par un mouvement de tête effrayé. X. insista un peu, pour voir, tant et si bien qu'elle voulut au contraire quitter précipitamment l'endroit.

Pendant de longs quarts d'heure, ensuite, nous parlâmes au Chào-Bâ de ce qui venait de se passer…


À suivre…


entry 04/07/08 à 09h52
L'acte essentiel du « libertinage » est peut-être celui qui consiste à dire : Oui… De différentes façons…

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entry 25/06/08 à 10h01
L'homme est celui de la femme au gode-ceinture. Avant qu'il prît D. à son tour, il y eut une brève parenthèse…

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entry 24/06/08 à 14h36
La première « figure », alors, en était à se défaire…

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Une autre « figure » commença à se mettre en place…

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entry 22/06/08 à 12h00
Pourquoi avons-nous passé les images de cette série en noir et blanc ? Nous avouons que c'est pour atténuer un peu leur crudité. Non pas leur crudité sexuelle, mais leur crudité du strict point de vue de l'image. Prises au flash dans une pièce assez obscure, certaines d'entre elles nous paraissaient vraiment trop plates et brutales à l'œil. La nuance « réchauffée » que nous avons choisie restitue quelque chose de l'ambiance réelle de la soirée. Cela dit, nous avons hésité entre différents traitements pour atteindre ce but, et voici la même image, d'abord dans sa version originale recadrée, puis dans différentes versions dont celle que nous avons retenue comme principe. Nous regrettons peut-être de ne pas en être restés au vrai noir et blanc, sans doute plus sobre, plus simple et finalement moins banal, mais qui ne convenait pas à toutes les photos. Si nous publions ce billet, ce n'est pas pour revendiquer quoi que ce soit d'esthétique, mais pour faire valoir que l'on peut se trouver perplexe au moment de montrer de telles images, saisis par la question : mais que voulons-nous montrer de ce qui a eu lieu ? Que pouvons-nous montrer ? Questions qui se posent plus vivement que dans la première partie du Journal, puisque nous ne sommes plus les seuls concernés…

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