Dans le noir # Chronique 23

Deux inconnus, une jeune fille en fleur, un homme que l’on sent d’âge plus mûr. S’installe entre eux, une relation épistolaire par email, puis un jeu pervers et intriguant. Il devient son confident, elle le veut Amant, elle décide de le rencontrer. Il accepte, mais à ses conditions : « A chaque rencontre, elle porterait un bandeau. Il ne parlerait pas. Elle pourrait se servir de ses autres sens, sans jamais ôter le bandeau. »

Bandeau Alors commence le lent ballet des rendez-vous masqués, dirigés par l’Amant et racontés par l’héroïne qui s’y prête avec passion et dévotion. Avec elle, nous voilà les yeux bien bandés et emportés dans un tourbillon de fantasmes, de sensations, de délires auxquels on ne peut que s’abandonner, portés par l’écriture rythmée, hypnotique et terriblement suggestive de Jean-François Mopin.

Comme elle, nous n’avons qu’une envie : connaître avec les yeux cet Amant qui la fait sombrer dans le coté obscur (mais aussi lumineux) du sexe, l’invite sans cesse à exprimer ses désirs, à ouvrir toutes les portes de son corps et à se dépasser. Mais il brouille les pistes, et on en redemande encore. Avec son art du mystère, l’Amant inconnu la mène sur les chemins des lectures de Sade, puis lui impose des jeux de plus en plus subtils et dangereux. La jeune femme se révèle vite une bonne élève obéissante et une amante experte, qui abuse de son art avec d’autres jeunes hommes pour toujours mieux satisfaire son maître. En la poussant dans ses retranchements les plus intimes, son obscénité et son goût démesuré pour le sexe ruissellent sur les pages…

Sous la plume efficace et sans retenue de l’auteur, « Le bandeau » est un beau roman d'initiation, maintenu par un suspens haletant sur l'identité de l'Amant, qui sera dévoilé avec brio dans les dernières pages. C’est aussi un très beau portrait de femme, qui décide d’infléchir son destin en s’offrant à l’Amour sans conditions, prête à toutes les folies et tous les extrêmes, pour se connaître mieux et prendre les chemins d’une liberté profonde et personnelle. Un livre envoûtant.

Jean – François Mopin, Le bandeau. Poche J’ai lu, Février  2008.

Article paru dans le Magazine des Livres de Mars 2008, en kiosque. Par Katrin Alexandre

Callipyges et fetichisme

Les dessins de Namio Harukawa, artiste japonais sont vraiment impressionnants. Adepte du "face-sitting" et de la domination féminine, il met en scène de voluptueuses femmes écrasant entre leurs énormes fesses les visages de petits hommes, qui pratiquent goulûment cunni et anulingus.

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Les amateurs pourront en voir plus sur le livre de Stéphane Blanquet aux éditions "United Dead Artists" qui consacre un premier ouvrage officiel à Harukawa avec "32 pages d'étouffements XXXL".

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Lire aussi un texte suggestif (et illustré) de Jorge et voir quelques images de l'oeuvre ici.

Les grandeurs baroques de Koons

Le Roi Jeff Koons s'installe dans les appartements du chateau de Versailles... Plutôt frileux et plus raisonnable, il n'a pas daigné nous présenter quelques unes de ces oeuvres sulfureuses, dont celles de sa série Made In Heaven où il se mit en scène en faisant l'amour avec sa compagne de l'époque, la Cicciolina

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ou mieux, ce "Illona's Asshole" (Le trou du cul d'Illona).

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ou "Blow Job"

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Faute de mieux, on admirera sa sculpture composée de 100 000 fleurs "Split Rock", et on devra se satisfaire de "Rabbit", "Hanging heart" ou de "Lobster" (Homard).

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En savoir plus sur sur le site special de l'évenement

Mots vagabonds # 1

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En flânant dans les rues, savoir humer l'air du temps...

Cruauté voluptueuse # Chronique 22

« La Vénus à la fourrure », écrit en 1870 par Sacher-Masoch est loin d’être un ouvrage de pure cruauté, comme on peut s’y attendre lorsque nous parlons de l’auteur qui donna son nom à « une perversion », « le masochisme » inventé par le psychiatre austro-hongrois  Krafft Ebbing dans son « Psychopathia sexualis » en 1886. Dès les premières pages, nous pénétrons dans un univers symboliste, embaumé de senteurs de fleurs pénétrantes, de vapeur argentée et nimbé de lumière lunaire.

Venus_fourrure La quête de Severin, le personnage principal, est d’abord esthétique et « sensualiste ». Dès son plus jeune âge, il éprouve de l’horreur pour tout ce qui est bas et vulgaire,  et réserve ses sentiments les plus hauts pour une femme idéale, « la déesse d’amour même », « couchée sur des roses, entourée d’amours ». Il voit « dans la sensualité quelque chose de sacré, voire la seule chose sacrée ; dans la femme et dans sa beauté, quelque chose de divin ». C’est une statue qui va éveiller son idéal et deux peintures qui vont fixer ses fantasmes, peintures que l’on retrouvent au début du roman, dans le rêve du narrateur, ami de Severin, qui produisent sur ce dernier un effet indicible : La Vénus au miroir de Le Titien et la reproduction d’une belle femme, « nue dans une sombre fourrure, étendue sur un sofa », dont la « main droite jouait avec une cravache, tandis que son pied nu reposait nonchalamment sur l’homme couché devant elle comme un esclave, comme un chien ».
Interrogé sur ces deux tableaux qui ont joué un rôle capital dans le vie de Severin, celui-ci  livre au narrateur la clé du mystère en lui  donnant un manuscrit : « Confessions d’un suprasensuel ».

Epris d’abord d’une statue en pierre de Vénus, « enveloppée d’une immense pelisse de fourrure, dans laquelle elle s’était enroulée comme une chatte frileuse », Severin voit la réalisation de son idéal en la personne de l’impérieuse Wanda von Dunajew -  incarnation d'Aurora Rûmelin qui deviendra la femme de Sacher-Masoch en 1873 - au visage de marbre, qui drape ses charmes dans une sombre fourrure de zibeline.

Il explique comment « rien ne peut exciter davantage que l’image d’une belle, voluptueuse et cruelle despote » - telles ces femmes frivoles comme Catherine II ou la Pompadour – car plus elle est cruelle et infidèle envers son amant, « plus elle le maltraite, plus elle se joue de lui d’une façon criminelle, moins elle lui témoigne de pitié, plus elle excite ses désirs, plus il l’aime, plus il la recherche ».  Il raconte aussi comment souffrir devient une espèce de jouissance quand « elle attache, fouette et me donne des coups de pieds » et comment la fourrure éveille ses fantaisies favorites en devenant « un symbole de la tyrannie et de la cruauté que cachent la femme et sa beauté. »

Il veut l’épouser et adorer servilement Wanda, toute vêtue de fourrure, qui hésitante, finit par céder à son fantasme et se prend à avoir « une diabolique curiosité » pour ce jeu qui éveille chez elle de dangereux instincts. Elle lui donne un an pour la conquérir et la convaincre qu’ils peuvent vivre ensemble. Entre mari et esclave, elle choisit le second. Alors, elle l’oblige à signer un contrat, aux termes duquel il s’engage par parole d’honneur et par serment, à être son esclave aussi longtemps qu’elle le voudra et à renoncer à ses droits d’amant. Une clause accessoire et secrète lui donne le droit de mort. « Tu n’es plus désormais mon bien-aimé, mais mon esclave, abandonné à la vie ou à la mort à mon bon plaisir. » De là, nous suivons le couple dans leur aventure phantasmatique jusqu’à Florence, où Severin devient Grégoire, le domestique de Wanda, et souffre en permanence de savoir si oui ou non sa maîtresse se prendra un autre amant (ce qu’il attend de manière ambivalente ardemment). Tout le récit nous tient en haleine jusqu’au dénouement final qui tourne autour de la décision cruelle que prendra Wanda : deviendra-t-elle sa femme ou choisira-t-elle finalement un autre homme pour le voir mourir d’amour?

S’il y a dans le roman quelques coups de fouets et de virulents soufflets, l’héroïne de Sacher-Masoch est loin d’être sadique. Wanda est l’incarnation de la femme mythologique, « diaboliquement charmante », olympienne et païenne ; une de ces divinité chtonienne à l’image de Diane la chasseresse ou de l’Amazone, qui changerait son adorateur en bête. L’auteur critique à travers elle les « petites femmes hystériques » modernes, toujours déçues dans leur bonheur chrétien ; il revendique le retour au paganisme, à « cet amour des temps héroïques », quand « les dieux et les déesses s’aimaient ». Dans ce monde, la cruauté est un élément naturel de la volupté et de l’amour pur.

La vraie source du « masochisme » ne serait-il donc pas une sorte d’idolâtrie antique, basée sur le culte de la grande Nature, où la femme occupait un place à part entière et était vénérée comme l'incarnation d'une déesse ? Severin couché comme un esclave, aux pieds de sa maîtresse n’est-il pas aussi l’image du Chevalier à genoux auprès de sa Gente Dame qui pour en arriver là  à du subir mille épreuves et souffrances ?

Il n’en reste pas moins que « La Vénus à la fourrure » est la première oeuvre marquante qui s'attache à décrire l’amour extrême d’un homme pour une femme, dans un esclavage consenti, où la douleur et la soumission augmentent l’excitation et la plaisir. « L’attraction du cœur » s’y mue « en sujétion physique lente et complète », jusqu’à « la démence », « l’abîme sans fond » et la dépossession de soi. C’est en somme une véritable déclaration à la femme aimée. Si dans cet amour, les choix pour la femme sont minces (être le tyran ou l’esclave), il n’est reste pas moins que l’auteur laisse une issue à la femme qui ne pourra devenir la compagne de l’homme « que lorsqu'elle sera son égale en droits, son égale aussi par son éducation et par son travail ».

Cette réédition de l’œuvre est bien salutaire. Souhaitons qu’on la lise, débarrassée de son arsenal psychanalytique et qu’elle rejoigne les bibliothèque des amants,  qui ne sont pas forcément des fervents du sado-masochisme moderne.

La Vénus à la fourrure,  de SACHER-MASOCH
Editions Le Cercle, collection Le Cercle Poche, Mars 2008

Par Katrin Alexandre - Cet article est paru en kiosque dans le Magazine des Livres de Mai 2008

Cette mystérieuse alchimie du désir # Chronique 21

C’est un plaisir délicieux que de retrouver la plume de Cecilia Dutter, qui nous avait enchantés l’année dernière dans ses "Echappées belles" sous le pseudonyme de Blanche Clervoy. Cette fois-ci, elle nous soustrait de notre grisaille existentielle avec « La dame de ses pensées » par une savante correspondance entre un homme mûr marié et une femme, de vingt ans sa cadette, psychologue, elle aussi mariée et mère de famille.

Dutter_2 Ce repas entre amis n’aurait pu qu’être banal si Edouard n’avait succombé au charme d’Alice. D’une écriture un peu désuète, il lui écrit son trouble ; puis malgré des missives de refus laconique et abrupt d’Alice,  il lui offre une relation épistolaire et clandestine, hors de la censure et des conventions. La résistance de l’héroïne, qui qualifie « la graphomanie » d’Edouard de « syndrome érotomaniaque », ne fait qu’exacerber les fantasmagories et les élucubrations oniriques de l’amoureux fou.

Nous voilà alors pris dans une joute épistolaire, fort bien menée et qui ne nous fera pas lâcher le livre avant la dernière page. Alice, qui n’est pas si insensible aux lettres de cet homme inconnu, le met au défi d’améliorer « ses arabesques stylistiques » et de se débarrasser des fioritures qui le condamnent à rester à la surface. Car Edouard est un homme pressé : dans ses scénarios érotiques et son écriture masturbatoire, il enjolive, il romance, puis il se dépêche de « conclure l’affaire », il ne développe pas les préambules. « Quelques grammes de lyrisme » ne suffisent pas à convaincre.

C’est un joli cours d’écriture érotique qu’elle livre alors, auquel se prête Edouard avec dévouement. « Avant que le corps n’exulte, c’est l’âme qui doit vibrer ». Il faut exploiter « la richesse de la langue française qui permet mille et unes finesses » et imaginer « des enluminures pour exprimer les sentiments profonds ». Mais attention, l’univers féminin est riche et différent, « il ne s’ouvrira pas si vous brûler les étapes »; ne croyons pas cependant que l’imaginaire féminin soit chaste, il est « d’une crudité déconcertante ». En chaque femme sommeille « une petite garce ».

Alors, Edouard se plie aux consignes et emmène Alice, à travers ses lettres qui sont un véritable écran portatif de son petit  cinéma fantasmatique intérieur,  à Bruges, Ostende, en Corse, à Marbella, à l’hôtel Georges V à Paris, Aix les Bains… Les mots cheminent et s’insinuent en Alice : si elle reconnaît l’irrésistible attrait de la correspondance, en deviendra-t-elle captive, acceptera-t-elle de débrider ses fantasmes, la femme lubrique se révélera-t-elle à ces lectures ?

« La Dame de ses pensées » est une belle hymne à la « bouleversante féminité » et « la part solaire »  de la femme qui peut enseigner « la voie de l’élégance ». Cécilia Dutter nous offre sur les pages un agapè de sensations salvatrices et nous montre le pouvoir ensorcelant que nous pouvons tous exercer avec un peu d’encre et beaucoup d’audace, quand notre plume devient libertine et se déleste de ses artifices. Car dans la caresse des mots, la vie palpite et irrigue de nouvelles forces, des sensations oubliées. L’auteure aurait-elle eu le dessein de nous donner envie de poursuivre, après la lecture, l’expérience épistolaire ? On ne sait, mais on trouve que  cette correspondance sensuelle et insolente devient, en filigrane, un bon petit manuel pratique à l’usage des amants qui veulent se faire l’amour avec les mots. Alors savourez bien le breuvage et à vos plumes !

Cécilia Dutter, La dame de ses pensées. Ramsay, Collection Papillons de nuit.
Paris, 2008

Par Katrin Alexandre pour le Magazine des Livres de Mai 2008 en kiosque.

Petites curiosités précieuses # Chronique 20

Voilà deux curiosas très rares, selon Jean-Jacques Pauvert, jamais rééditées depuis leur publication dans les années 1948/50, qui devraient réjouir les amateurs du genre.  Un texte « La couleur des draps »  de Jean Cau, secrétaire de Jean Genet et de Jean-Paul Sartre, caché sous le pseudonyme de Jeanne d’Asturie et « Carnet d’une invertie », de Nicole Autrain. L’association de ses nouvelles érotiques clandestines dans le même ouvrage surprend, tant le ton et le style diffèrent.

Draps Le premier semble inoffensif d’un premier abord. La narratrice est une jeune fille de vingt-trois ans qui raconte sa vie toute simple dans son carnet et décide de le publier. « Elle a de la peau, des os et de la chair ». Elle aime Robert, un homme pas très sentimental, qui  n’aime pas les œillades langoureuses  et qui parle comme un Jean Gabin. Elle se lave, s’habille, se promène nue devant lui, elle fait l’amour n’importe quand , à n’importe qu’elle heure. Elle a des états d’âmes. Elle se pose des questions de tous les jours qu’elle partage avec son homme: Est-ce que le bâton gêne pour marcher ? Comment reconnaît-on un homme qui aime sa femme ? Comment sera ma vie quand je ne ferais plus l’amour ? La jeune femme déroule ses pensées, elle ne raconte que ce qui intéresse son amour pour Robert, même si à travers lui c’est le monde des hommes qu’elle observe. Car oui, elle le trompe parfois, et elle l’aime mieux après. Mon oreiller est un confessionnel, je les interroge, les confesse. Ils se livrent, se défendent, se trahissent. J’écoute et je n’oublie pas. Elle bavarde, on l’écoute, on est charmé par cette écriture qui cisèle les sentiments, qui étincelle crûment parfois au détour d’une page comme un petit diamant. Entre naïveté et désillusion, elle nous fait sentir qu’il n’y a qu’une chose dans la vie : le bâton des hommes, qui joue au bilboquet avec les femmes, mais surtout qu’une seule chose apprend une femme à vivre : c’est l’amour.

Changement de décor avec l’invertie. Dès la première page, nous voilà flanqué d’une gifle par Florence, une superbe lesbienne qui vit  sa passion comme un raffinement supérieur. Elle a un amour quasi linguistique pour les lèvres (du bas) de ses amantes à tel point qu’elle use d’un appareil ingénieux nommé « prolonge-langue ». Mais ce qui l’intéresse le plus, ce sont les brutalités qu’elle fait subir à ses maîtresses. Elle jette donc son dévolu, aidée de sa rabatteuse, Paula l’hommase, sur Marie-Christine, un bel ange aux beautés assez évaporées, qu’elle viole à l’aide d’un godemichet. Bien sûr, la tendre victime, troublée par l’aventure s’abandonne à ses mains. Leur histoire est idyllique, mais Florence a bien d’autres tentations et idées en tête… Sur un rythme frénétique, le lecteur voyeur se mêle aux joutes amoureuses, aux gamahuchages, gougnottages, agaceries digitales, onanismes simultanés, mise en plis et coiffures de toisons, puis dans un mouvement crescendo assiste à des visions apocalyptiques de rondes de tribades jouant du godemichet, du coude, de l’inceste, du fouet, d’immondices et salivant jusqu’au sang les meurtres à venir. Cette fable de sexe, d’amour et de mort qui  révèle les extrêmes où nous pousse la sensualité et notre désir de fondre en l’autre, finit sur une belle et surprenante métaphore. A découvrir.

Cet article est paru en Kiosque pour Le Magazine des Livres de Mars 2008 - Copyright Katrin Alexandre

Rendez-vous calins, au soleil!

Sea, sex and sun! L'été est là et bien là! Pour émoustiller vos sens et vous prélasser tendrement au soleil, je vous propose avec mon partenaire préféré, la boutique Sexy Avenue, un petit choix de livres pour laisser libre court  à votre imagination érotique et sensuelle...

Emportez dans votre valise...

Spicileges Les spicilèges amoureux de Mr Ploton où on trouve un inventaire hétéroclite d’observations, de statistiques et de documents variés sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la chose sans oser le demander. Un bric à brac amoureux et des petites miscellanées érotiques savoureuses qui feront d'ailleurs l'objet d'une chronique de ma part pour le Magazine des Livres de Juillet/Aout 2008 qui sortira bientôt en kiosque...

Cahier_vacances_erotiques_2Sur la plage, ne bronzez pas idiot, avec le Cahiers de Vacances Erotiques qui testera, à travers des exercices, vos connaissances en matière de littérature érotique, d'anatomie, d'histoire ou de sciences. Un cahier de devoirs de vacances strictement réservé aux adultes pour des heures récréatives à deux à l'ombre ou au soleil!

                   Osez_sextoys                              

Pour les curieux et les audacieux,  Osez les sextoys! Dans ce livre de la collection de La Musardine, Ovidie, spécialiste en la matière, répond à vos questions et présente une cinquantaine d'objets, en détaillant leur mode d'emploi, leurs avantages et leurs inconvénients, dessin à l'appui.

Canard_vibrantAprès cette lecture, peut-être auriez vous envie de tester le célébrissime petit canard jaune vibrant et waterproof pour batifoler dans la piscine ou dans la mer!

Bonnes Vacances à Tous!

Article sponsorisé

Bénissons la pipe! # Chronique 19

Sujet mille fois commenté, il fallait trouver un angle d’accroche original pour parler de la fellation. « La fellation comme idéal dans les rapports amoureux » semble donc un programme alléchant, à « déguster sans modération », proposé par le cinéphile et érotomane Gerard Lenne. En ouvrant le livre, on espère que le propos sortira des sentiers mille fois rabattus du guide de la pipe, à l’adresse de la gente féminine.

En effet, en s’appuyant sur quelques références littéraires et sa grande culture cinématographique, l’auteur montre que cette pratique sexuelle s’est banalisée, popularisée par le cinéma dès la révolution sexuelle des années 70. Nous avons alors de savoureux passages sur l’évolution de la fellation à l’écran: de la sortie du champs par le bas (subterfuge du cinéaste pour suggérer une pipe alors que la femme se glisse vers le bas du corps de son amant, jusqu’à disparaître) jusqu’à celle de Kerry Fox dans Intimité de Patrice Chereau, en passant par les fellatrices légendaires.

Fellation Mais il constate que la fellation soulève encore de nos jours de nombreuses réticences et qu’elle est encore sous le joug d’une répression morale, religieuse, puritaine, féministe. Puis nous en venons au cœur du « blocage » : « L’envie de sucer ne fait pas l’unanimité dans la population féminine » ; « Le fait est qu’elle constitue le plaisir suprême pour l’homme, mais pas pour la femme ». D’où découle quelques remarques intéressantes : on est fellatrice par stratégie (pour des raisons contraceptives et préserver la virginité) ou par utilité (pour préparer le coït), conclusion la fellation n’est qu’une pratique sexuelle secondaire ou « un amusement collatéral ». Or, la fellation est « le nec plus ultra du plaisir sexuel », et parce qu’elle l’est, l’auteur, passionné de son sujet, la défend et veut la « réhabiliter comme acte d’amour à part entière », « une fin en soi » et « un plaisir partagé ».

Son propos s’adresse alors bien aux femmes, aux hésitantes, aux mal informées ou aux fellatrices maladroites. Il veut absolument nous convaincre à travers moult conseils et un petit téléguidage pratique, des bienfaits que procurent la fellation, surtout pour l’homme. Dommage que le livre se termine sur le sentiment que les femmes (ou en tout cas certaines) ne sont pas vouées à sa cause et sont de piètres fellatrices. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de cet ouvrage qui a suscité selon l’auteur « un succès convivial » à sa première édition en générant moults réactions; on espère qu’avec cette seconde édition de La Musardine, de nombreuses autres lectrices feront de cette caresse interdite, une véritable transgression et une audace sulfureuse, avec amour, car dixit l’auteur « une femme amoureuse est la meilleure des suceuses ».

De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux
Gérard Lenne, Réédition de La musardine, Collection l’Attrape-corps. Janvier 2008

Cet article est paru en Kiosque dans le Magazine des Livres de Mars 2008 - Copyright Katrin Alexandre

La complainte du mal-aimé # Chronique 18

« Vivons, ma Lesbie, aimons nous… ».

Nous pouvons tous nous reconnaître, amoureux transis, dans les aléas de la passion que Catulle décrit dans ses « Poèmes à Lesbie » : le choc du premier amour, la folie des baisers, les impatiences, les jalousies terribles, les ruptures et réconciliations.

Nous pouvons remercier Catulle lorsque nous écrivons une lettre d’amour car il fut brillamment l’un des premiers interprète du lyrisme amoureux, quelques cinquante ans avant J.C. En se faisant le chantre de l’amour malheureux, il devient le précurseur de l’élégie latine. « En proie à mille fièvres », le poète exprime une plainte douloureuse aussi mélancolique que romantique. En prenant comme matière première de sa poésie sa vie, ses sentiments et ses tourments, il est l’un des premiers à mettre à nu son intimité, et à donner une dimension psychologique à l’amour.

Catulle Honorons aussi Lesbie, cette « lionne aux gorges de Lybie », célèbre par sa beauté et ses mœurs libertines, mariée mais infidèle, cette « catin sans foi » qui fit de lui un jouet et ravit tous ses sens, durant environ quatre ans. Sans elle, les femmes seraient restées éternelles mineures et sans âme. Car paradoxalement, malgré tous les maux que Lesbie lui fait subir, en écrivant son amour pour elle, Catulle est l’un des premiers poètes latins à accorder une âme à cet étrange objet du désir qu’on appelle une femme, en invoquant à travers elle l’amour éternel.

Pour la première fois dans l’Histoire, l’homme romain n’est plus un  « paterfamilias », ce chef de famille qui commande à sa femme. La passion pour une femme n’est plus dégradante, ridicule, indigne d'un homme libre et d'un citoyen romain. Il se laisse dominer par ses sentiments ; la femme devient une muse charnelle et sa jalousie terrible explose contre ces « galants de rue », ces « amants indignes », « ces gueux dans tes bras ». Bien malgré lui, il devient l’esclave amoureux, « servus » d’une femme, « domina ».

Mais si Catulle se complait dans le rôle du mal aimé, il n’en est pas moins un oisif cultivé, amateur de beaux éphèbes et « chastes adolescents », tel Juventius aux « doux yeux de miel », et de courtisanes comme Ipsitilla à qui il promet « neuf assauts de suite et pour un long plaisir ». Il aime avec ses mots « faire tâter de sa virilité ». Il saupoudre sa poésie de plaisanteries et d’allusions salaces à la gloire de « l’ obscène Priape ». Il clame tout haut que les vers n’ont pas besoin de décences : « il leur faut pour avoir du charme et du piquant, la langueur, l’abandon , le pouvoir provocant  d’exciter le prurit des passions ardentes ».

Dans ses « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour », on découvre un poète latin aux talents poétiques extrêmement variés. Romantique avant l’heure – tel un Musset ou un Chenier, tragique - comme un Racine,  érotique - précurseur de Martial et Ovide et dont le poème célèbre des « cents baisers, et puis mille, et puis cent » inspirera sans nul doute Ronsard et Louise Labbe. En étant le sujet de son œuvre, Catulle est novateur pour son temps. En faisant du poème l’un des tout premier discours amoureux, il trace en poésie le chemin d’un éducation sentimentale sur lequel nous pouvons tous nous retrouver. Car même s’il déclare à Lesbie que « Dans le mal tout entier, il me faudra t’aimer », et qu’il lui sera donc difficile de triompher de sa passion, nous ne pouvons qu’aimer l’œuvre de ce jeune Catulle (tout juste âgé de vingt ans) devenu homme accomplit grâce à la poésie et à  l’amour.

Catulle, « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour ». Mille et une nuits, Octobre 2007

Cet article est paru en kiosque, dans le Magazine des Livres de Janvier 2008, par Katrin Alexandre - 2008 Copyright

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #2

Pubis_mendell Légère ouverture: "On sait que c'est. On sexe est. Le pronom on designe le sexe et avait la valeur de en, en ce lieu, en ce l'Yeu, en cet oeil-là. Le sexe se présente sous forme d'yeu ou d'oeil. Ce fut un légère ouverture". J.P. Brisset (La grammaire de Dieu).

Photo: Mendell & Oberer, 1994

Note: Le pubis en forme de croix fut un thème très exploité par les surréalistes autour des années 1930.

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #1

{de ces années là (1929-1934), Bataille, Queneau et les autres - Extraits}

BATAILLE: - " abattage d'humain bétail" (Miche Leiris, Glossaire: j'y serre mes gloses)

COCHON: - Sur ces photographies jaunies datant de 31, ils (Max morise, Raymond Queneau, Sylvia et Georges Bataille) LES regardent. "Il est impossible de s'agiter autrement que comme un porc quand il bafre dans le fumier et dans la boue en arrachant tout avec le groin et que rien e peut arrêter une répugnante voracité" (G. BAtaille, Le jeu Lugubre).

Porc

PORC, PORCHERIE - Vautré dans la boue, le porc est bien evidemment un symbole érotique et la porcherie l'un des hauts-lieux de l'imaginaire et de la rêverie humaine. Le massacre rituel des porcs, tels que les sociétés primitive le connaissent, mêle un double rictus de peur et de plaisir.

Extraits du livre "Georges Bataille et Raymond Queneau pendant les années 30-40" par Jean-Piel.

Miroslav Tichý

Le Centre Pompidou présente pour la première fois en France l'oeuvre photographique de l'artiste tchèque Miroslav Tichý qui révèle un talent singulier, marginal et monomane, aux images inclassables et intemporelles.

Miroslav_tichy

" Ses images, réalisées de manière instinctive ou mécanique avec des appareils bricolés, des optiques approximatives, proposent une vision extraordinaire d'une réalité érotisée et fantasmatique, mi réelle-mi onirique: femmes à la piscine, femmes dans la rue, femmes en intérieur, ou saisies sur des écrans de télévision, constituent son sujet unique et obsessionnel. Les images tirées et agrandies par ses soins sont souvent ensuite retouchées, montées et encadrées sur des matériaux pauvres, journaux, cartons, et parfois ensuite abandonnées plusieurs années dans son atelier. Sous ou sur-exposées, rayées, floues, déchirées, tachées, elles révèlent néanmoins un artiste inclassable, marqué par de fortes influences picturales classiques mais dont la méthode s'apparente parfois à certaines pratiques amateur et de l'art «outsider»."

Voir le site de l'artiste Miroslav Tichy

Exposition au Centre Pompidou, Galerie d'art graphique du 25 juin - 22 septembre 2008

Péchés de Compostelle # Chronique 17

C’est l’été, sea, sex and sun !

Mais si vous pensez que la drague sur les plages est devenue d’une banalité affligeante, il est peut-être temps de changer radicalement de proie et de terrain de chasse. Etienne Liebig, héros malgré lui de son odyssée livresque et désopilante « Comment draguer la catholique sur le chemin de Compostelle », nous engage corps et âme sur un chemin de pèlerinage (pas très catholique) de Vezelay à Compostelle, loin des sentiers battus et rabattus.

Draguer_la_catholique Muni de sa besace et de son pantalon à grosse côte, Etienne  prend la pari de « combattre l’esprit sans la chair » au cœur de ce pèlerinage qui « perpétue l’archaïsme de la pensée et de la soumission ». Son projet : étudier dans le menu détail la catho de gauche, la catho bourgeoise, ou intégriste ou gentille et « divulguer ses observations avec un maximum de rigueur scientifique ». Son luxe  et son défi : jouir « avec celles qui sont le faire de lance de la propagande » et « des oppressions sexuelles et religieuses ».

Le voilà donc tout frais, vaillant et hardi à Vezelay, car on y trouve « les catholiques les plus ferventes ». Sa tactique est bien rodée : approcher un groupe de pèlerins et vivre au rythme de cette communauté en marche. Il jette son dévolu sur un groupe de deux hommes et trois femmes – la blonde aux formes généreuses à la Botero, la femme mariée bourgeoise, la grand fille plate brune  - avec lesquelles il compte bien festoyer les unes après les autres, même si elles semblent des forteresses imprenables.

Le décor planté, il ne vous reste plus qu’à attendre avec ferveur « la scène croustillante pour laquelle vous avez acheter ce livre ». Entre temps, vous aurez tout loisir de rêver, Messieurs, aux pénitentes perverses qui se caressent longuement sous un christ en buis et Mesdames à vos fantasmes de perdition, d’abdication totale au Principe Supérieur, et de rédemption.

Grâce à un scénario judicieusement ficelé et haletant, notre pèlerin lubrique excite avec brio notre imagination en nous faisant passer par de longues marches dans le désert et ô miracle en nous donnant à voir par la fenêtre du confessionnal des scènes torrides à haute tension spirituelle ! Scènes de recueillement, d’apparitions et d’adorations très érotiques sous un Dies Irae ponctuent ce récit à l’humour décapant, avec en prime de nombreuses réflexions érudites et sociologiques sur ce lieu culte de pèlerinage de la Chrétienté. Rien de tel que ce livre pour mettre votre foi à l’épreuve, au risque de se damner ! A mettre dans votre valise, pour jouir sans modération !

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle de Etienne Liebig. 2007, La Musardine

Cet article est paru sur le Magazine des Livres Juillet/Aout 2007 - Copyright Katrin Alexandre

Point G

Non, je ne vous dirais pas comment trouver votre Point G ou celui de votre partenaire! "POINT G" est l'excellent Centre de ressources sur le genre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Point_g

Le Centre a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. Elle propose un fond "genre et sexualités" dans le but de "préserver une mémoire lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe…"

Follement_gay Vous pouvez consulter des conférences téléchargeables en ligne, une superbe exposition "Follement gay" et un dossier d'actus sur l'homophobie. Par ailleurs, vous trouverez de nombreuses ressources documentaires ainsi qu'un bibliographie sélective réunissant des livres abordant l’orientation sexuelle, l’homoparentalité et le sida pour la jeunesse.

Drôle d'inventaire

Je suis restée bêtement restée en arrêt devant cette source bibliographique...

Inventaire_anal1

C'est peut-être mon esprit un peu trop porté sur la chose qui me joue des tours. Cela vous donne peut-être des idées?

Les news de la Collection Folio - Gallimard

newsletter Folio


Je suis ravie de découvrir le nouveau site Folio des éditions Gallimard, qui lance sa Newsletter Folio sur l'actualité de ses collections.

A cette occasion, je vous invite à vous y inscrire; vous pourrez peut-être gagner un exemplaire du livre "Entre les murs" de François Bégaudeau dont l'adaptation cinématographique a été primée à Cannes cette année.

Le site offre à voir les livres des éditions Folio à paraître, les nouveautés et une recherche par collection Folio. Vous pouvez aussi entrer dans les coulisses de la création en visionnant les entretiens de vos auteurs préférés ou de leurs éditeurs. On y trouve aussi des actualités et des Grands thèmes, parmi lesquels celui de l'Erotisme; parmi mes favoris (qui sont tous dans ma bibliothèque):

Folio_lady_chatterley L'amant de Lady Chatterley de D.H Lawrence que je relis et relis souvent, tant la sensualité et l'émotion transpire de ce livre et qui fut un de mes premiers émois littéraire érotiques...

Folio_pascal_quignard Le sexe et l'effroi de Pascal Quignard, dont vous pouvez lire un ancien de mes articles ici

Folio_louis_calaferte La Mécanique des femmes, le brûlot de Louis Calaferte qui est un petit diamant brut de fulgurance érotique (voir l'article dans ma bibliothèque qui lui ait consacré)

Folio_paul_verlaine Chansons pour elle et autres poèmes érotiques de Paul Verlaine dont je parle aussi ici.

Parmi les nouveautés, je vous propose trois livres dans un esprit libertin et romantique:

Folio_louvet_de_couvray Les Amours du chevalier de Faublas  de Louvet de Couvray  (Folio Classique) qui dans un style vif, drôle et pétillant, vous emmènera dans les aventures amoureuses - et quasi comiques - d'un libertin du XVIIIème siècle.

Folio_madame_aulnoy Contes de fée de Madame d' Aulnoy (Folio classique) vous séduiront avec ses palais enchantés, ses créatures féeriques et ses animaux fabuleux. Une occasion de redécouvrir ses contes de fées audacieux qui étaient bien, au début, destinés aux adultes et étaient écrits avant tout pour divertir la cour.

Folio_de_nerval_pandora Pandora et autres nouvelles de Gérard de Nerval. «Le rêve est une seconde vie.» Dans les brumes de Vienne, le poète erre dans une ambiance mystérieuse, à la recherche d'une femme, Pandora, entre rêve et réalité.

Article sponsorisé

Du hamac d'amour et autres polissonneries {pour curieux amateurs de littérature}

C'est en furetant sur L'Alamblog que j'ai découvert ce dessin insolite de Jean-Jacques Lequeu, architecte du XVIIIème siècle, nommé "La guinguette et le hamac d'amour", comprenons "Guinguette de l'entrée du petit bois admirable"  {Ce hamac d'amour est dans le petit jardin de voluptés des plus agréables }

Lequeu_guinguette

Ni une, ni deux, me voilà aiguillée par le Préfet Maritime, alias Eric Dussert sur Gallica à la recherche de ce hamac et je l'espère secrètement, d'autres petites curiosités architecturales. Le résultat de ma recherche a défié toutes mes espérances. Me voilà nez à nez avec de curieux "cratères" de jeunes filles dans des "conjonctures de Vénus" assez particulières...

Lequeu1

[ Age nubile]

Lequeu107

[Un autre cratère d'une fille adolescente dont on voit la pureté virginale]

Lequeu107_2

[Jeune cou (con) dans une attitude des conjonctures de Vénus]

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[ Action des parties sexuelles d'une fille qui veut concevoir pour enfanter : elle était alors dépucellée ]

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[Cratère d'une fille adolescente animée de désir déréglé : elle est couchée sur le dos les deux cuises [sic] levées et bien ouvertes, de manière qu'on voit le pucellage forcé]

De quoi commencer, pour les amateurs, un joli catalogue de cons!

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Je vous invite, et même je vous commande d'aller voir le blog L'Alamblog d'Eric Dussert, trublion éclectique et passionnant du monde de l'édition ( L'esprit des Péninsules, Serpent à plume, Phébus), qui lutte sans merci contre l'oubli d'auteurs oubliés, et ô combien honorables! L'Alemblog est la resurrection "virtuelle" de la très "atypique, nécessaire et gratuite" revue L'alambic, destinée aux "curieux amateurs de littérature", qui renait par ailleurs aussi en version papier sous la forme d'une collection pour les éditions l'Arbre Vengeur. Pour la petite histoire et voir la "Bibliographie exhaustive de la collection l'Alambic", c'est ici. Pour une autre entrée, allez voir du coté Du métier d'écrire des polissonneries.

Plume, encre et travail...

Balzac

avec amour...

Photo Katrin Alexandre

L'enfer de Sodome # Chronique 16

« La clameur de Sodome et Gomorrhe est venue jusqu’à moi ! » s’écrie Yavhé dans la Génèse, et elle continue à venir jusqu’à nous, cette clameur qui malgré les siècles n’a toujours pas échappé à la vindicte publique et à moults jugements la considérant comme une perversion.

Sodomia_2Mais si l’on considère d’une part le traité « De Sodomia » écrit par le Père Louis Marie Sinistrari (1632-1701) prédicateur et inquisiteur de l’ordre  des Franciscains, extrait de son grand œuvre de « De Delictis et poenis » (1754) où toute sa fureur se déchaîne contre cette «abominable dépravation », ce « vice si infâme», «ce crime abominable entre tous», et d’autre part les pratiques et le traitement de la sexualité anale dans la littérature, le cinéma, et l’art d’aujourd’hui, nous pouvons nous apercevoir du pas de géant qui a été fait.

Le psychanalyste Roger Dadoun, en se penchant sur ce texte original exhumé de l’Enfer de la Bibliothèque Nationale de France par les éditions Manucius et que l’on peut lire intégralement dans le livre, offre un éclairage érudit sur « l’ombre pestilencielle de Satan », - les origines du « satan-anus » (la satanale) - qui se projette sur la conception sodomale et infernale de Sinistrari, tout en développant  par ailleurs avec brio ses « utopies sodomitiques ».

On peut se demander en effet, pourquoi il existe tant de haine exercée contre « ce minuscule et très humble anneau qu’est le sphincter anal, niché en un point quasi inaccessible du corps ? ». La doctrine de Sinistrari en est la représentation parfaite. Son objectif est simple : à l’usage des confesseurs, sa doctrine doit leur permettre, en définissant la nature exacte du délit de sodomie, de connaître « ce crime », d’en apporter la preuve (par des témoignages, osculation du corps par des accoucheuses, aveux par la torture)  et de proposer un tableau des peines appropriées pour régler son jugement (flagellation, supplice des fourches, supplice du feu, bûcher et pendaison).

Notre apprenons donc que la sodomie est « le coït dans le vase postérieur », avec nécessité de l’introduction du membre dans l’anus et la sémination. Notre étonnement est grand quand nous lisons que « le crime sodomitique a été apporté au monde par les femmes » et « qu’une véritable sodomie se commet entre femmes ». « Or comment une femme peut-elle s’accoupler avec une autre femme, en sorte que se frottant ainsi l’une contre l’autre on puisse dire qu’elles exercent la sodomie ? » Alors Sinistrari développe dans le menu détail  les pratiques de ces « fricatrices ou tribades » qui utilisent pour le coït les godemichés et surtout sa condamnation totale de cette« douceur d’amour » ou « taon de venus » qu’est le clitoris, qui chez certaines femmes par son aspect démesuré (« grand comme le doigt median de la main ») devient une mentule virile permettant la sodomie avec sémination !

Il n’en reste pas moins, que malgré cette condamnation dictatoriale, misogyne et extrême du plaisir féminin, « le nœud » du problème reste l’anus. Alors, Roger Dadoun l’explore méthodiquement en se basant sur sa thèse du « satan-anus » hanté par le Vade Retro Satanas - « Va-t-en, arrière de moi, Satan » et la prédication violente luthérienne. La lecture est jubilatoire quand dans ses « utopies », il entrecroise « la diagonale de l’anal » rose et noire, qui n’est autre que la lutte intestine d’Eros et Thanatos. Nous rencontrons alors, versant noir, le« celeste anus immense » de Lautréamont,  l’Enfer de Jérôme Bosch plein d’anus percés, la contre-utopie d’un Marquis de Sade, les hordes nazies faisant d’Auschwitz «l’anus du monde», l’empereur sodomite Heliogobale, l’Anus solaire de Bataille ; versant rose – l’anus adoré de Rimbaud, les exquis sonnets du fouteur Arétin dont Sinistrari dû certainement subir les coups de flèches, la grande utopie du « Nouveau monde amoureux » de Charles Fourrier.

Avec ses « Utopies sodomitiques », en resituant l’anal dans l’héritage spirituel des écrivains et des peintres, Roger Dadoun nous invite a avoir plus de considération pour cette partie anatomique qui fait partie intégrante de notre constitution libidinale et psychique, et surtout, loin de Sinistrari, il utopise une humanité plurielle reconnaissant toutes les passions et les penchants amoureux. Finalement, cet essai – dixit une note de l’auteur concernant le Canard enchaîné qui évoque la Rrose Sélavy de Robert Desnos  – se penche sur « l’insoluble mystère du rapport entre « Le trou du culte et le culte du trou », et c’est vraiment brillant !

Roger Dadoun / R.-P Sinistrari d'Ameno « Utopies Sodomitiques (Diagonales de l'anal) / De Sodomia (Exposé d'une doctrine nouvelle sur la sodomie des femmes, distinguée du tribadisme) ». Editions Manucius, Nov 2007

Cet article est paru dans le Le Magazine des Livres , en kiosque en Janvier 2008 - Copyright Katrin Alexandre

L'enigmatique figure

Je suis peinée d'apprendre la disparition de Dominique Autié, qui nous a quitté le 27 mai dernier. Auteur, éditeur qui dirigea les éditions Privat puis cofondateur des éditions InTexte, il fut l'infatiguable amoureux passionné fou des mots et des livres, qui lorsque je fis de secrets passages sur son Blog éveilla ma conscience et m'emerveilla par sa plume magistrale et son erudition sensible...

Dominique_autie

Je vous invite à suivre le sillon qu'il laisse, par là, pour parler de l'amour des livres (un texte qui fait un echo singulier à mon post d'hier).

De l'amour du livre

"On nait bibliophile ou amoureux du livre; les meilleurs homélies ne changeraient rien au caractère. Le premier est un gourmand, quasiment glouton, friands de mets chers, recommandés, mis en montre; l'autre, un gourmet qui goute et ne mange qu'à son appetit, même des plats très simples".

Fragonardwoman

[ Des livres modernes qu'il convient d'acquérir par Henri Bouchot, 1891]

Lectrice de Fragonard

De l'obscénité

{Comment on apprend que Aphrodite de Pierre Louys est "une ordure", que Guy de Maupassant était un fieffé "pornographe" et que "L'art d'aimer" de Ovide a fait beaucoup de mal à la jeunesse }

Dans le Mercure de France de 1908, La Ligue pour la Liberté de l'Art adresse aux gens de lettres et aux artistes une circulaire dont voici les principaux passages.

****

Paris, le 15 juin 1908.

Monsieur

Vous n'ignorez pas qu'un Congrès international contre la Pornographie a tenu ses assises à Paris, les 21 et 22 mai derniers... Nous croyons devoir appeler l'attention des hommes de lettres et des artistes sur une des résolutions prises par ce Congrès. C'est pourquoi nous avons l'honneur de vous faire savoir que le Bureau international d'information contre la littérature immorale, siégeant à Genève, a reçu la mission de fonder une "Union internationale de toutes les sociétés contre la pornographie".

Le but de cette Union est simple : Informer, c'est-à-dire dénoncer. Grâce à l'Union internationale, toute œuvre pornographique sera dorénavant, dès son éclosion signalée aux sociétés anti-pornographiques du monde entier, en sorte qu'elle pourra être poursuivie, condamnée ou interdite immédiatement, non seulement dans son pays d'origine, mais aux quatre coins du monde.

La Société des Gens de Lettres (de Paris) ayant apporté son adhésion solennelle au Congrès international contre la pornographie et, conséquemment, ayant approuvé l'extension des pouvoirs du Bureau international d'Information (de Genève) on peut, sans doute, avoir toute confiance dans ledit Bureau international pour faire respecter partout les droits de l'art français. La pornographie, seule, est visée cela est évident. Mais encore faudrait-il savoir exactement ce que c'est que la Pornographie. A défaut d'une définition précise que le Congrès ne nous a pas donnée, nous trouvons dans les rapports des Congressistes de précieux renseignements. En sachant ce que l'on condamne aujourd'hui, nous pouvons deviner ce que l'on condamnera demain.

Lisons donc ces rapports :

M. JOSEPH PAPPERS, instituteur à Cologne, premier secrétaire de la Fédération des Sociétés masculines contre la pornographie, déclare qu'en Allemagne c'est surtout la "Science qui sert de manteau à l'impudeur" (Rapports sur l'état de la pornographie dans chaque pays et sur sa législation, page 5).

M WILLIAM COOTE, secrétaire de la Littérature immorale et de la Législation (!) de Londres, s'enorgueillit, au nom de la National vigilance Association, d'avoir arrêté et fait condamner les traductions de Zola et de Maupassant (id., pp. 22 et 23).

M. JOSEPH CELS, de Bruxelles, secrétaire général de la Ligue belge contre la licence des étalages et de l'immoralité (sic), déclare obscène "la représentation par l'écrit, par l'image ou par le geste, de tout ce qui peut éveiller les passions sexuelles ou provoquer des curiosités malsaines" (id., p. 32).

Cette "définition" de l'obscénité a permis à la Ligue dont M. Cels est le secrétaire de faire interdire en Belgique de nombreux livres et de nombreux journaux français (dont le Rire et la Vie Parisienne) et de faire saisir, ces jours derniers, les publications pornographiques suivantes :Aphrodite, de Pierre Louys ; Claudine à l'Ecole, de Willy ; Une Passade, de Pierre Veber ; l'Art et le Beau, de Louis Legrand ; les Dessous de Bruxelles, de Maurice Saye ; les Images galantes, de John Grand-Carteret ; ainsi qu'un grand nombre d'œuvres de Paul de Kock, Armand Silvestre, etc. (Le Journal du Matin, de Bruxelles, 25 mai 1908).

M. BÉRENGER, de Paris... Mais tout le monde connaît son œuvre... C'est par ses soins qu'ont été condamnés ou poursuivis Jean Richepin, Paul Adam, René Maizeroy, Catulle Mendès, Raoul Ponchon, Oscar Méténier, Hugues Delorme, Lucien Descaves, Willette, Louis Legrand, Forain, Louis Morin, Jean Veber, Steinlen, et cent autres...C'est par son omnipotence dirigeant les lois répressives et supprimant les lois de liberté (notamment la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la Presse) qu'une dizaine de "petits" journaux sont interdits dans certaines gares, en même temps que quelques livres parmi lesquels Tigre et Coquelicot, de M. Charles-Henry Hirsch, et Une vie, d'un certain pornographe déjà condamné eu Angleterre : Guy de Maupassant. (Bien que ces faits soient de notoriété publique, il est évident que la Société des Gens de Lettres les ignorait. Elle ne connaissait M. Bérenger que comme auteur de la fameuse loi de sursis — qu'il n'a pas inventée, du reste.)

M. REGOUT, député, délégué de la Société hollandaise pour l'honneur et la vertu estime obscènes "les dessins dans le genre de ceux qui se trouvent dans le Rire et le Deutsche Zitz-Hatt et les écrits de même nature". Des pièces comme Vous n'avez rien à déclarer, ou die Dame von Maxim, sont, pour lui, "d'une obscénité incroyable" (id., p. 42).

M. le Professeur RODOLFO BETTAZZI, de Turin, s'est adressé au procureur du roi "pour obtenir qu'il ne permît pas l'exposition des plus sales vignettes de l'Asino" (id., p. 49). Il est bon de dire que l'Asino est un journal exclusivement satirique anticlérical.

Enfin, M. JÉROME PERINET, de Genève, président du "Bureau international d'information contre la littérature immorale" dont nous parlons plus haut, s'exprime ainsi :"Tous les livres obscènes publiés en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie, nous arrivent en Suisse et remplissent nos kiosques. Les plus mauvais, nous obtenons encore de les faire ôter de la montre, mais de nouveaux apparaissent aussitôt, plus nombreux et pires que les autres. C'est ainsi que vient d'apparaître en montre, partout, un volume à 95 centimes de la "Modern-Bibliothèque" : La leçon d'amour dans un parc, etc. Cette édition illustrée à bon marché fait beaucoup de mal à la jeunesse. Paris-Galant, Aphrodite, les Aventures du roi Panzoles (sic), l'Art d'aimer, d'Ovide, etc." (id., p. 53).

Et, plus loin (p. 54), à propos de théâtre :"Nous avons en Suisse, bien souvent, des troupes de passage qui nous apportent sur la scène des pièces ignobles, comme celle que l'on joue en ce moment à l' "Espérance" : Amour et Cie. Ce n'est pas de l'obscénité, c'est de la cochonnerie toute pure, et il y a chaque soir salle comble. Nous nous sommes plaints à la police. Quand une pièce est connue pour être immorale, les comités différents en réfèrent aux autorités compétentes et obtiennent souvent ce qu'ils demandent. C'est ainsi que le comité de Lausanne a fait cesser dernièrement la représentation d'Education de Prince. Sur la demande de la municipalité la direction du théâtre a supprimé les représentations de cette pièce et les a remplacées par d'autres."

A quibusdam disce omnes.

Nous avons intentionnellement puisé nos exemples dans les rapports écrits de Messieurs les Membres du Congrès international contre la Pornographie. Nous compléterons bientôt cette énumération, d'après les déclarations verbales tombées de la bouche des orateurs, au cours des quatre séances qu'a tenues le Congrès. Mais il fallait que l'on sût, tout de suite, que l'œuvre de ces Messieurs va se continuer désormais, et que les Sociétés anti-pornographiques du monde entier ont décidé d'obéir au mot d'ordre lancé de Genève. Il fallait que l'on sût qu'Education de Prince est une saleté, qu'Aphrodite est une ordure, et que la Morale, dès aujourd'hui, condamne tout cela.

Que ne condamnera-t-elle pas demain ?

P.-S. — Pour les artistes qui croient encore que les Ligues antipornographiques ne poursuivent que la pornographie et qu'elles respectent l'Art, citons cet extrait du rapport de M. Joseph Pappers (pages 13) :

"Pour déclarer qu'une chose est obscène et par conséquent de nature à blesser la morale en général, le juge doit s'inspirer du sentiment du peuple avec lequel il a au moins autant de points de contact que l'artiste. L'artiste qui, par profession, s'occupe de nudités, n'est peut-être pas choqué par des illustrations de ce genre. Mais son opinion ne saurait influer sur le prononcé du jugement. On ne peut pas non plus faire entrer en ligne de compte qu'une illustration est exécutée d'une façon artistique. En dépit de l'art, et souvent même à cause des raffinements artistiques d'une œuvre, le sujet de cette dernière peut agir sur les sens de la façon la plus pernicieuse.On ne peut dire combien les appréciations favorables des artistes ont déjà causé de mal." M. Bérenger avait déjà dit : L'art n'est pas une excuse.

L'adresse de la Ligue est 111, avenue Victor Hugo-Paris.

Le Nouveau Nouveau Magasin d'Ecriture

Cela fait déjà un petit moment qu'il est sorti, mais ce livre a rejoint enfin ma petite bibliothèque et j'en suis folle! C'est le Nouveau Nouveau magasin d'écriture de Hubert Haddad aux éditions Zulma.

C'est une monstrueuse, une gigantesque, une encyclopédique machine à rêve,

une folle, foisonnante, érudite fabrique d'imaginaire,

un hallucinant, somnambulique, nocturne monde de fantaisie et d’étrangeté.

Magasin_ecriture

Plus de 600 pages surchargées élégamment de gravures et de textes, comme autant d'appel à la lecture et surtout à l'écriture, pour tous ceux que la page blanche rend frileux ou pour "les fous littéraires" qui veulent explorer de nouveaux territoires de la langue, de la fiction et du récit.

Car si Hubert Haddad convoque Lautréamont, Rimbaud, La Fontaine, Proust, Emily Bronte, Kafka, Borges, etc., une multitudes de peintres et graveurs de l'art symboliste, fantastique ou baroque, des botanistes, des inventeurs, des grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, son propos reste  d'explorer les secrets de la création littéraire.

Il nous invite en permanence à suivre ses petits cailloux de mots et d'image, il nous suggère des pistes d'écriture, nous guide à travers certaines méthodes et nous pousse à élargir nos horizons métaphoriques et analogiques.

Ce gros livre est un cabinet de merveilles! Un objet littéraire non identifié a découvrir d'urgence!

Dans mon jardin...

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